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A la dérive
/ Fiction

Février 2018

Le réchauffement climatique, conséquence directe de l’empreinte de l’homme sur la planète, s’est avéré avoir été la plus grosse catastrophe écologique de toute l’histoire de l’humanité. Suite à la fonte des pôles et de la calotte glacière, les états insulaires et les pays en basses altitudes ont du faire face à une inexorable montée des eaux. Les terres, de plus en plus rares, ont contraint les populations à se diviser et à prendre des mesures drastiques. La taxe de sol a mené les personnes les plus démunies à quitter les terres pour survivre sur les océans tandis que les plus riches restaient sur le continent. Depuis plusieurs décennies les multinationales subventionnées par les gouvernements internationaux ont financé la création d’une île artificielle appelée 7ème continent, en plus de débarrasser la terre de la surabondance de déchets, elle apporte une possible surface d’accueil pour les réfugiés climatiques. A partir de 1998, l’architecte et chercheur anglais Richart Sowa expérimente la construction d’îles artificielles flottantes afin d’imaginer des moyens de vivre sur l’eau. Il présente lors de l’exposition universelle de 2043 à Amsterdam, une solution convaincante.

Et si les populations réfugiées climatiques étaient obligées de vivre sur le 7ème continent ?

Année 2167, le niveau de la mer a augmenté de 25 mètres. Le 7ème continent est aujourd’hui une mégalopole qui dérive au gré des courants marins, elle apparaît comme le nouvel eldorado des continentaux et des populations marines. La ville s’est développée sur un limon d’alluvions de déchets flottants et a fait apparaître des immeubles verticaux composés de bribes de matériaux pour subvenir à la demande en logements. La circulation piétonne se fait par des plateformes flottantes et des passerelles entre les différents bâtiments. La ville fonctionne grâce à une système d’hydroliennes fixées à la masse flottante afin d’alimenter toute l’île en électricité mais également pour lui permettre de se déplacer sur toutes les mers selon les différents courants marins. Le plastique renforcé devient la première ressource nécessaire à l’expansion de l’île. Un écosystème autonome a permis de développer une forme d’agro-plasticulture sur une base agrégats de plastiques et de déchets pouvant atteindre plusieurs dizaines de mètres par endroits et créant alors de nouveaux paysages artificiels. A la dérive sur les océans, l’île flottante est une forme d’espoir face à la montée des eaux.

Ce workshop éco-fiction a été mené par la designer Estelle Hary, du studio Design Friction  et permet aux designers de questionner et de spéculer sur des futurs plausibles en regard de notre société actuelle. Ici la construction du scénario s'appuie sur différents signes faibles actuels comme la montée des eaux, le 7ème continent, la pollution des océans, l'immigration ou bien même la surpopulation.

© 2021 Nathan Belarbre
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